Ma Photo
Blog powered by TypePad

août 2008

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
AddThis Social Bookmark Button

« 24 mai 2007 | Accueil | 9 juin 2007 »

31 mai 2007

31 mai 2007

Enquête sur l'usage du web 2.0. juridique par les documentalistes juridiques

    Afin de mieux comprendre l'usage au quotidien des outils du web 2.0 dans le domaine de la documentation juridique, nous avons choisi de mener une enquête auprès des premiers intéressés : les professionnels de la documentation juridique -tous membres de l’association Juriconnexion- auxquels nous avons soumis un questionnaire court comportant 8 questions.

Par souci de clarté, nous avons souhaité conserver le format de l'interview pour ce compte-rendu. Nous tenons à remercier les quatre documentalistes juridiques qui ont accepté de répondre à nos questions.

- Elsa Batolucci (E.B) :documentaliste juridique à Essilor International                                                     - Laurence Longet (L.L):documentaliste juridique à MGEN Mutuelle Générale de l'Education Nationale (Paris)
- Benoît Bréard (B.B) : documentaliste juridique au cabinet Shearman & Sterling (Paris)
- Aline Zucco (A.Z) :documentaliste juridique à l'Ordre des avocats de Paris


  1. Quels sont les outils du Web 2.0. que vous utilisez actuellement ? Avez-vous des préférences?                                                                                                                     

E.B. Wikipédia, jurispédia, precisement, servicedoc, outilsfroids.                                                           L.L. Les fils RSS essentiellement. Avec d’autres documentalistes du secteur de la mutualité nous avons en projet une page personnelle sur Netvibes pour faire connaître notre réseau (mais ce n’est encore qu’un projet).
B.B. Netvibes, Fils RSS, Blogs, Wikis ; en ce qui me concerne j’ai une préférence pour les fils RSS, simples et efficaces.
A.Z. Outils du web 2.0 : blogs juridiques (juridiconline, ServiceDoc Info, Précisément.org -le blog-, ...), Wikipedia, les flux RSS des éditeurs juridiques sur leurs sites et leurs bases de données, une plate-forme de collaboration pour Juriconnexion sous wiki,...

  1. Aimeriez-vous intégrer d’autres outils du Web 2.0 ?

E. B. Pourquoi pas ?

L.L. Oui, mais dans les limites imposées par notre direction informatique.

B.B. J’aimerais utiliser un Wiki pour faire une base de connaissance interne pour l’équipe de la bibliothèque.

  1. En quoi ces outils facilitent-ils votre travail ?

E.B. Rapidité, fiabilité, informations inédites, espace de dialogue et de réflexion.

L.L. Les fils RSS notamment permettent d’automatiser et donc de simplifier la fonction veille.

B.B. Ils permettent d’être plus rapide, plus efficace et d’aller chercher une information nouvelle jusqu’à présent peu ou pas accessible.

A.Z. Le travail du documentaliste est facilité pour 2 raisons principales selon moi : le travail collaboratif à distance évite les réunions et permet l'union de plusieurs informations, les mises à jour des sites regroupées en 1 seul endroit. C'est un plus pour la mise à jour des connaissances et de l'information.

  1. Avez-vous des difficultés quant à l’utilisation de ces outils ?

E. B. Pas spécialement mais encore faut-il les trouver et ensuite trouver du temps pour les consulter.
L.L.Non pas particulièrement. Il faut cependant un temps d’adaptation et les intégrer dans la pratique quotidienne.
B.B.Sur le plan technique ces outils sont plutôt simples à utiliser, rien à voir avec ce qui pouvait exister il y a une dizaine d’années. Le problème réside plutôt dans le manque de temps pour en utiliser toutes les possibilités et dans le fait que l’évolution de ces outils se fait très, parfois trop, rapidement.
A.Z. Certains outils nécessitent l'installation d'outils pas toujours compatibles avec les outils utilisés par le poste actuel, ou trop compliqués à installer (le cas de certains fils RSS).              

  1. Quelle valeur ajoutée ces outils apportent-ils dans la structure où vous travaillez ?

E. B. Actuellement, aucune à ma connaissance.

L.L. Une connaissance plus fine et plus rapide des informations concernant le secteur d’activité. Je ne travaille pas en cabinet, mais cette réponse peut être transposable dans une entreprise.

B.B. Ils permettent d’être plus exhaustif pour ce qui concerne la recherche et la veille.

  1. Pensez-vous que les outils du  Web 2.0  sont reconnus et utilisés par tous les documentalistes?

E.B. Et pas seulement les documentalistes mais pas dans l'immédiat.
L.L. La connaissance et la pratique des outils web 2.0 sont très inégales selon les secteurs d’activité, les contextes de travail et sans doute selon les générations. Il faudra certainement plusieurs années avant qu’ils ne soient  parfaitement connus et intégrés par l’ensemble des documentalistes. Mais cela n’empêche pas d’en faire la promotion notamment en montrant des exemples d’applications pratiques.
B.B. Je n’ai pas d’information statistique à ce propos, juste le sentiment que pour certaines personnes c’est un peu difficile de s’y mettre surtout s’il n’y a pas à court terme de réelle obligation; sources d’informations très bien couvertes par les bases de données commerciales par exemple.
A.Z. Je pense que les outils du Web 2.0 sont utilisés par les documentalistes connaissant et utilisant Internet quasi-quotidiennement.

  1. Quel regard portez-vous sur l’intégration du Web 2.0. dans le monde juridique ?   

E.B. Confiante, l’idée fait son chemin.
L.L. Nous ne sommes qu’au début de cette intégration, mais il y a déjà de nombreuses applications et de nombreux commentateurs et promoteurs de ces outils et pratiques (simplement en lisant les articles sur votre blog).
B.B. Pour l’instant nous en sommes aux balbutiements pour ce qui concerne l’intégration du web 2.0 dans le monde juridique. Une infime minorité de juristes en connaît l’existence mais l’avenir est prometteur.
A.Z. Le Web 2.0 contient des outils très performants et très utiles pour le gain de temps du documentaliste, mais les données doivent être vérifiées en ce qui concerne le monde juridique
.

  1. Quelles sont les limites de l’utilisation de Web 2.0. en matière juridique ?

E.B. Je ne sais pas.

L.L. Ce qu’en feront ceux qui utilisent ces outils. Cela peut être une aide très efficace dans ses pratiques professionnelles et un formidable espace de liberté et de partage, mais jusqu’où ?

B.B. Je vois essentiellement deux limites à l’utilisation du web 2.0 dans le monde juridique, la première est la difficulté de séparer le bon grain de l’ivraie devant la profusion de l’information maintenant à disposition, la seconde tient au fait que le web 2.0 propose essentiellement des services online sur la pérennité desquels on peut se poser des questions. Ces questions sont très importantes dans le domaine juridique où tant la qualité que la pérennité des informations sont des éléments essentiels.

A.Z. Il ne faut pas oublier que ces outils ont des limites dans le monde juridique car la mise à jour des données est primordiale en droit. Par exemple pour les blogs, leurs données ne sont pas toujours à jour. Wikipédia est un très bon site, mais à utiliser avec prudence et vérification.


    Il ressort donc de cette enquête que les fils RSS, les wikis et les blogs juridiques sont les outils du web 2.0 principalement utilisés dans le domaine de la documentation juridique. Il permettent de renforcer l'efficacité du travail des documentalistes. Cependant, la généralisation de ces technologies reste encore très limitée au sein des cabinets juridiques.

Interview de Rémy Nerrière, juriste

Rémy Nerrière est documentaliste à l'étude notariale Chevreux et membre actif de l'association Juriconnexion. Un mois avant la publication de la loi DADVSI (1er août 2006), il a été interviewé par Juritel, une société d'infomédiation juridique qui permet aux sociétés de déléguer leurs affaires juridiques à des spécialistes dans les différents domaines du droit.

Certaines questions portent essentiellement sur sa vision des blogs et les répercutions en matière de droit.

Lire l'interview 

Du web 2.0 au web 3.0?

(article en anglais)

Dans son article intitulé "defining web 3.0", David Siegel, entrepreneur d'Internet intervenant auprès des entreprises, analyse l'évolution potentielle du web 2.0 vers un web 3.0.

Au départ, le web 1.0 s'est défini comme un moyen de partager des documents électroniques de toutes sortes créant ainsi un vaste répertoire de données, images, sons,etc.
Par la suite, avec l'arrivée de la technologie AJAX, Internet a atteint une dimension collaborative en développant toute une gamme d'outils très utiles: les tags sur Delicious et Tagworld, les mashups, les fils RSS, les podcasts, les wikis...
Le web 1.0 a donc, peu à peu, fait place au web 2.0 appelé aussi le web du "social networking". Cependant, malgré l'utilisation de ces outils innovants, la recherche d'informations s'effectue toujours à l'aide de mots-clés bien précis.

Une des idées du web 3.0, appelé aussi web sémantique, serait alors d'incorporer aux moteurs et métamoteurs des modules de recherche se basant sur le langage naturel. Le but étant donc d' organiser intelligemment toutes les informations présentes sur Internet notamment par le développement de moteurs de recherche intelligents.
L'objectif à atteindre est en effet, à long terme, la création de systèmes informatiques basés sur une intelligence artificielle exploitant l'intelligence collective des communautés d'utilisateurs.
Il reste toutefois un énorme effort à fournir pour pouvoir développer de telles technologies.

Lire l'article

"Responsabilités des blogues"

Pierre Trudel, expert international en technologie de l'information et en commerce électronique a été l'un des intervenants présents à la conférence "Droit 2.0: droit et web 2.0" qui s'est déroulée le 20 avril 2007 à Montréal. Son intervention s'est appuyée essentiellement sur l'analyse des problèmes posés par la responsabilité des blogs au niveau juridique.

"Site interactif personnel, d'entreprise, d'institution ou d'association ouvert aux contributions d'un ensemble de personnes", le blog illustre parfaitement ce qu'est le web 2.0. Il remet aujourd'hui en question un grand nombre de principes fondamentaux du droit qui risque dès lors de connaître une certaine évolution. L'un de ces principes concerne particulièrement la question de responsabilité en matière de diffusion de l'information.

Pierre Trudel explique en effet que le problème majeur réside dans le fait de savoir "qui répond de l'illégal ou du fautif?". En d'autres termes, à qui peut-on imputer, sur un blog, la responsabilité de diffuser des informations plus ou moins soumises au droit d'auteur. Habituellement, la personne responsable est, juridiquement parlant, "celle qui a décidé de diffuser l'information". Cependant, il  s'avère difficile d'évaluer qui détient le contrôle de cette information puisque dans la configuration même du blog ce concept disparaît.
En effet, la personne responsable de la diffusion de l'information est-elle celle qui contribue à alimenter le blog ou bien est-elle celle qui administre du blog?

Pierre Trudel soulève ainsi un problème très important: "comment peut-on qualifier juridiquement le blog?" Ce dernier peut-il être assimilé à un objet d'édition ("blogue modéré") ou au contraire à un intermédiaire c'est-à-dire "une entité qui n'exercerait pas à priori un contrôle sur son contenu".

En regard des différentes décisions du droit américain, français et québécois, Pierre Trudel fait donc le point pour tenter de répondre à cette question. On peut alors constater qu'il existe des différences majeures entre les différentes législations pour savoir à qui imputer la responsabilité de diffusion de l'information.

En se basant sur l'étude de Pierre Trudel, on peut conclure qu'il n'existe pas réellement de réponse à cette question. On peut toutefois noter que le droit va rapidement atteindre ses limites face au développement croissant des technologies du web 2.0 basées essentiellement sur les échanges et la diffusion de l'information.

Voir la vidéo téléchargeable