Le traitement des documents

Le documentaliste gère l'information : il est chargé d’une analyse préalable qui commence par l’évaluation des besoins des utilisateurs : quel genre d’information est recherché ? sur quels types de documents ? avec quel degré d’actualité et d’exhaustivité exigé ? sous quelle forme les données seront-elles réutilisées ?

L'analyse documentaire

C’est l'opération de base du traitement documentaire "qui consiste à présenter sous une forme concise et précise les données caractérisant l’information contenue dans un document ou un ensemble de documents"* (contrairement au catalogage qui décrit sa forme). Deux opérations interviennent à cette étape de la chaîne documentaire : l’indexation et le résumé*.

L’indexation est l'opération intellectuelle par laquelle on choisit les termes les plus appropriés pour représenter le contenu d’un document. Elle se déroule en deux étapes :

  • l’analyse : la reconnaissance des concepts contenant l’information dans les documents à indexer
  • le codage : la représentation de ces concepts dans le langage documentaire.

Les termes retenus pour indexer un document peuvent être librement choisis par le documentaliste, ou sélectionnés dans un dictionnaire ou un thésaurus. L'indexation peut être aussi réalisée de manière automatique lorsque le logiciel indexe en texte intégral. C'est-à-dire que tous mots signicatifs du texte sont considérés comme des mots-clés.

Lors de l'indexation, le documentaliste établit souvent un résumé du document. La condensation est « le fait de trouver, repérer, extraire, mettre en lumière ce que l’auteur a rédigé et sélectionner dans le texte ce qui est jugé important pour une utilisation ultérieure »**. Elle fait l’objet d’une norme internationale ISO 214 (analyse pour les publications et la documentation).
Le documentaliste qui rédige le résumé doit rester parfaitement objectif par rapport au document.

Le catalogage

Il consiste à rédiger une « fiche d’identité » d’un document ou une description bibliographique qui permettent d‘accéder ainsi au document par le titre, le ou les auteurs. La notice se décompose en plusieurs zones séparées par une ponctuation, elle-même normalisée. Cette opération s’effectue selon les normes AFNOR*** : Z44-050, Z44-073, Z44-072.
Le site Médiadix propose un vrai cours de catalogage qui permet au documentaliste d'être rapidement opérationnel. Une présentation des règles à appliquer pour la rédaction des notices bibliographiques est disponible sur le site de l'Université de Lille 3.

La gestion des collections

Un fonds documentaire est appelé à évoluer en fonction des besoins et des demandes des utilisateurs : il est composé d'informations vivantes et la tâche du documentaliste consiste à le gérer.

Pour le fonds physique, il existe deux étapes: la mise en rayon des ouvrages avec la création de cotes lors de  l'acquisition de nouveaux documents et la mise à jour  du fonds, appelée  désherbage qui consiste à trier les documents et à décider de ceux qui ne doivent plus être conservés.  

La gestion et valorisation du document et de son contenu passe désormais par une expertise en solutions logicielles qui permettent la gestion de catalogues et de bases de données****. On parle de "gestion électronique de documents" (GED). Toutefois, ce terme est jugé trop généraliste et l'association Aproged a proposé celui de GEIDE (Gestion electronique de l'Information et du Document Existant). La GEIDE est plus qu'un outil d'archivage ou un produit isolé : c'est un outil susceptible de s'intégrer aux grandes fonctions de l'entreprise (comptabilité, gestion clientèle...) soumis à une normalisation régulièrement mise à jour par l'Aproged.


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* Ces deux activités sont particulièrement bien décrites sur le site de SavoirsCDI.

** WALLER Suzanne et MASSE Claudine, L’analyse documentaire : une approche méthodologique, Paris : ADBS Editions, 1999, Collection Sciences de l’information ; Série Etudes et techniques, 319 p.

*** Normes de catalogage : Formation des bibliothécaires et documentalistes, Paris : AFNOR, 2005, 510p.

**** LENART Michèle, La gestion documentaire : évolutions fonctionnelles et description de dix logiciels, Paris : Editions ADBS, 2004, 185p.

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La recherche et la veille

    La recherche et la veille sont deux activités relativement proches, qui constituent une grande partie du corpus du métier de documentaliste. Ce sont néanmois deux termes sujets à confusion.

    La recherche est la réponse à une demande d'informations précises formulée par l'utilisateur. Avant d'y répondre, le documentaliste doit établir la stratégie de recherche pour trouver l'information la plus précise et la plus adaptée possible aux besoins de l'utilisateur. Le documentaliste doit aider l'utilisateur à s'y retrouver dans une masse d'informations qui semble indéchiffrable pour un non initié.

    La veille consiste à surveiller les actualités dans un ou plusieurs domaines afin d'anticiper les besoins des utilisateurs. On parle souvent de veille stratégique, ou veille technologique, voire même d'un terme faussement francisé, intelligence économique. Terme très populaire car valorisant le travail de part sa terminologie qui n'est en fait qu'un néologisme utilisant un faux-ami de la langue anglaise. Intelligence signifie Renseignement, ce qui éclaire différemment ce concept d'intelligence économique et lui donne un sens plus concret à rapprocher des autres types de veille. Tous ces concepts sont définis dans un dossier sur le site de la société canadienne DSI.

    La veille est une sorte de recherche exploratrice et non limitée temporellement, nécessitant des moyens différents de ceux utilisés pour la recherche classique. Les agents de veille par exemple sont des outils signalant toute modification sur une page internet donnée, et cela peut concerner des choses très diverses, d'un évènement commercial organisé par un concurrent à une publication dans une revue scientifique non couverte par les agrégateurs de presse traditionnels, ou même exploiter des sources orales, des brouillons...

    Pour approfondir ce sujet, on peut consulter le dossier complet sur DEFIDOC traitant de tous les aspects de la veille, rédigé par Didier Frochot et Fabrice Molinaro.

    Le site Veille.com est un classique du secteur, réalisé par la société Cybion, société cofondée par Carlo Revelli (l'un des créateurs d'Agentland).

    Enfin, le blog de Armelle Thomas, Outils de veille, publié sur le site Inforizon, offre un suivi de l'actualité régulier et complet.


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La réalisation de produits documentaires

Une des activités du documentaliste est de créer des produits documentaires permettant aux utilisateurs de trouver l'information de manière autonome.

Toutes sortes de dossiers* sont constitués par le documentaliste : dossier documentaire, outil,  produit ou bibliographique. Ce sont des ensembles de pièces dont le sujet est identifié, ainsi que des outils de mémorisation complémentaire des fichiers.

Un dossier outil est avant tout un outil de travail. Les dossiers outils rassemblent des documents de sources diverses (coupures de presse, extraits de livres, références bibliographiques, notes, littérature grise) de manière thématique : ils mettent ainsi à disposition des utilisateurs une information qui fait le tour d’un sujet. Ce sujet peut être défini a priori ou correspondre à une thématique souvent recherchée par les utilisateurs. L'organisation interne s’effectue souvent par un classement anté-chronologique, continuellement mis à jour, présentant tous les points de vue sur un thème sans classification.
Les dossiers outils servent à élaborer des dossiers produits.

Un dossier produit est, quant à lui, établi sur mesure. Un travail de définition et délimitation précises du sujet est réalisé avec le demandeur. Les documents, de sources diverses également, sont organisés selon un plan de classement. Le dossier comprend une synthèse de l'ensemble du contenu et sa présentation est souvent travaillée, c'est la valeur ajoutée du thésaurus. Sa durée de vie est limitée dans le temps, il peut être mis à jour périodiquement, maisil est généralement intégralement refait lors d’une réactualisation.

Un dossier bibliographique, ou bibliographie, est une liste de références de documents sur un thème spécialisé. Cette bibliographie est annotée c'est-à-dire qu’elle présente des résumés, des mots-clés, voire des cotes,qui sont autant de renseignements pouvant aider le lecteur à compléter son information sur le thème choisi en décidant de consulter les documents signalés.

Le documentaliste peut aussi avoir à créer d'autres produits:

- La synthèse documentaire est élaborée à partir d'une sélection dans la littérature sur un thème précis. L’auteur de la synthèse, après lecture des documents, rédige une revue de cette littérature en citant au détour de son texte les auteurs auxquels il fait référence. C'est un produit à forte valeur ajoutée.

- Le bulletin bibliographique est un ensemble de notices signalant les documents d’actualité par rapport à un domaine circonscrit. Les notices s’accompagnent d’un résumé.

- Le bulletin des sommaires recense les sommaires des revues reçues par un centre de documentation.

- Le panorama de presse se compose d’articles reprographiés et classés par thèmes avec un sommaire renvoyant à l’article lui-même. Soit il est généraliste et donc constitué d'articles parus dans les journaux d'informations générales et actualisée chaque semaine. Soit il est spécialisé, et donc composée d'articles parus dans les journaux et revues spécialisés. Sa fréquence de mise à jour est variable (hebdomadaire, bi-mensuelle...).

- La revue de presse donne les références d'articles parus dans la presse sur une thématique donnée. Elle donne un résumé de l'article et non un accès au texte complet.

- La note de lecture est l'analyse d’un document rédigée par un professionnel. Elle propose un résumé du document ainsi qu’une estimation de l’intérêt direct que les professionnels peuvent tirer de la lecture du document complet.

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* COUZINET Viviane, HULLIVIER Patricia, POMART Paul-Dominique, VELTEN Dominique, Le dossier documentaire : conception, réalisation, valorisation, Paris : ADBS Editions, 1994 : Collection Sciences de l’information ; Série Etudes et techniques.

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Relations et services aux usagers

    Le documentaliste est le médiateur entre deux univers : l'utilisateur et les informations. Les relations s'effectuent en 2 phases, amont et aval.

    En amont, le documentaliste doit bien discerner les besoins de l'utilisateur, l'aider à formuler ou reformuler sa demande pour la clarifier, et définir avec lui les objectifs de la recherche. Ceci passe par une évaluation du profil psychologique de l'utilisateur pour choisir la réponse la plus adaptée. L'autre intérêt est de définir les besoins de l'utilisateur afin de mettre en place une diffusion sélective de l'information, ou DSI, et anticiper la demande d'information.

    Il s'agit de transposer une demande d'un langage naturel à une équation de recherche. Cette relation est essentielle pour le travail à la fois du documentaliste et de ses utilisateurs. Enfin, la mise en place d'outils (une revue de presse consultable sur l'intranet par exemple) et la formation des utilisateurs à ces outils permet d'améliorer la confiance et la relation de travail entre les deux protagonistes.

    En aval, il s'agit pour le documentaliste de déterminer les outils de recherche qu'il utilisera pour répondre au mieux à la demande sans gaspiller de temps. Il est donc important de définir la profondeur de recherche demandée (les dates limites pour une revue de presse, le nombre de sources pour des fiches sociétés...) et d'utiliser au mieux les différentes sources et logiciels documentaires pour faire d'une masse d'informations énorme un espace clair et balisé. De fait, la traduction entre le langage naturel et le langage documentaire est l'une des parties les plus importantes de la communication.

    On parle parfois de métalangage* pour définir la combinaison de langages utilisés par les outils et logiciels de recherches, inconnus de l'utilisateur, qui font la valeur ajoutée du documentaliste. Il est alors l'interface entre deux langages distincts, l'un formulant la demande, l'autre interrogeant efficacement les sources d'informations pour retourner une réponse précise à l'utilisateur.

Le documentaliste peut être amené à former son utilsateur à la recherche d'information pour que celui-ci puisse, à long terme, effectuer les recherches simples de manière autonome.

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* FROCHOT Didier et MOLINARO Fabrice :
La communication dans les métiers de l'information-documentation, DEFIDOC.


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